Mon corps, ma
sexualité.
Dans l'intimité, je
choisis de faire mon enfant. Dans l'intimité, je choisis de donner
naissance. La littérature scientifique nous apprend que
l'accouchement est un acte sexuel (Odent, 1990; Buckley 1990) et je
suis tout à fait d'accord.
Mon fils est né
chez moi. C'est mon choix, très personnel et réfléchi. Faute de
sage-femme ou de médecin correspondant à mes croyances, j'ai opté
pour la simple présence de mon conjoint.
Personne ne
touche à la sexualité des hommes.
Personne ne touche
à la sexualité des hommes. Ne touchez pas à la mienne. « Toute
personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine
égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction,
exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le
sexe... » (article 10 de la Charte).
Si cela correspond
à mes croyances, d'avoir une femme (doula, amie, cousine...)
présente à mon accouchement (ou à tout autre moment dans ma
sexualité), alors, cela m'appartient. Selon la Charte, ma liberté
de conscience et d'opinion (article 3), ma dignité (article 4) et ma sexualité
(égalité en matière de santé, article 86) sont des droits
fondamentaux.
Alors, est-ce que laprésence d'une doula à mon accouchement
est illégal?
Il existe une loi paternaliste et désuète qui suggère que
l'accouchement est « réservé »...
Réservé à qui?
Réservé à moi,
la femme, j'espère!
Eh bien, non! Le
Collège des médecins et l'Ordre des sages-femmes sont les seuls
autorisés à « pratiquer un accouchement spontanée ».
L'article 6 de la Loi sage-femme n'autorise pas les femmes à choisir une amie, une cousine, une doula ou un conjoint pour prendre soin d'elles; seuls les professionnels peuvent « surveiller et évaluer la grossesse, le travail, l’accouchement » et « pratiquer un accouchement spontanée » .
L'article 6 de la Loi sage-femme n'autorise pas les femmes à choisir une amie, une cousine, une doula ou un conjoint pour prendre soin d'elles; seuls les professionnels peuvent « surveiller et évaluer la grossesse, le travail, l’accouchement » et « pratiquer un accouchement spontanée » .
Mon accouchement. Mon
corps. Mon bébé. Mon vagin. Ma sexualité. Mon intimité. Ma
dignité.
Un accommodement
raisonnable.
Selon la
Commission des droits de la personne et de la jeunesse, "l’accommodement raisonnable est un moyen utilisé
pour faire cesser une situation de discrimination fondée sur le
handicap, la religion, l’âge ou tout autre motif
interdit par la Charte. L’accommodement raisonnable est une
obligation. "
Il est
discriminatoire que je ne puisse jouir de ma sexualité selon mes
croyances et il est discriminatoire que je doive me soumettre à un
accouchement supervisé par un spécialiste si cela enfreint ma dignité.
Puisque la Commission des droits de la personne et de la jeunesse
stipule que mes droits prévalent sur les lois et un accommodement
raisonnable est une OBLIGATION, il est donc fondamental que toute
femme ayant des valeurs et croyances autres que d'accoucher avec une
sage-femme ou un médecin puisse obtenir un accommodement
raisonnable.
Mon accouchement,
ma sexualité
Chaque femme doit
pouvoir choisir pour elle-même en matière de sexualité. La
contraception et l'avortement appartiennent maintenant à la femme.
Qu'attendons-nous pour rendre l'accouchement aux femmes?
Selon les études
présentées par le Conseil du statut de la femme, lorsqu'il n'y a
pas le libre choix de la femme en matière d'avortement (avortement
illégal), celle-ci est en danger. Il en va de même pour
l'accouchement. Lorsque la femme n'a pas le libre choix en matière
d'accouchement, son vagin et sa dignité sont en danger.
En attendant
qu'accoucher redevienne un acte légalement réservé à la femme, un accommodement raisonnable doit me permettre d'accoucher
selon mes croyances, avec la personne de mon choix.
Jamais une personne (doula, amie, cousine...) ne devrait être coupable de sa présence à l'accouchement autonome d'une femme.
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Références :
BUCKLEY Sarah.
2008. Gentle Birth, Gentle Mothering, Celestial Arts Publisher, 352
pages.
Collège des
médecins, Québec, http://www.cmq.org/publications/index.aspx,
consulté le 20 octobre 2016.
Conseil du statut
de la femme, Québec,
http://csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/brochure-le-droit-a-lavortement-25-ans-de-reconnaissance-officielle.pdf,
consulté 20 octobre 2016.
Charte des droits
et liberté de la personne C-12, Commision des droits de la personne
et de la jeunesse, Québec,
http://www.cdpdj.qc.ca/fr/droits-de-la-personne/responsabilites-employeurs/Pages/accommodement.aspx
et http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/C-12
, consulté le 20 octobre 2016.
Loi sur les sages-femmes, Québec, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-0.1/, consulté le 20 octobre 2016.
Loi sur les sages-femmes, Québec, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/S-0.1/, consulté le 20 octobre 2016.
ODENT Michel.
1990. Water and sexuality, Penguin Books, 160 pages.
Ordre des
sages-femmes du Québec, http://www.osfq.org/,
consulté le 20 octobre 2016.

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