Iqaluit, Naggajjau, Nuvaiva 8 2021.
(Iqaluit, lundi 8 Novembre 2021.)
Lorsque la cloche de fin de cours s’est fait retentir, à 15 h 45, pour la première fois de l’année scolaire, il faisait complètement noir. La saison des longues nuits emplies de majestueuses aurores boréales commence.
Aujourd'hui, une ancienne de la communauté m'a expliqué la signification du terme inuktitut pour désigner « novembre » dans son dialecte. Mes oreilles néophytes de cette symphonie arctique ne sauraient exactement témoigner du terme, mais j'ai bien retenu le sens: « temps où l’on commence à voyager ». VOYAGER, parce que, Novembre, c'est le moment typique de l’année où le pays glacé donne accès à l'entièreté de son immense territoire vierge... Sauf que, cette année, le réchauffement climatique a eu raison des mots anciens. Des mots fragiles qui, parfois, semblent s'essouffler à demeurer vivant en 2021. Donc, en ce mois de novembre tempéré, les cours d’eau peinent à s’immobiliser et à devenir sécuritaires pour l'aventurier nordique. J’ai l’impression que, cette année, le réchauffement piétine toutes attentes et savoirs traditionnels. Mon coeur d'étrangère pleure la fragilité de la toundra, son écosystème délicat et son magnifique Peuple qui travaille fort à la transmission des coutumes et savoirs anciens.
Il y a tellement de sujets auxquels j’aimerais vous entretenir, de beautés arctiques à vous partager, d'aventures à échanger, d'ateliers prénataux avec les femmes des communautés nunaviummiut qui m'ont transformés... pour l'instant, je vous partage cette photo de mes matins de semaine, en quad, lorsque je me rends à l’école par le chemin de la plage et que j’aperçois ce magnifique lever de soleil. Juste ce ciel et la mer bleutée m'emplissent de gratitude et me rendent heureuse de mon réveil matinal. J’aimerais que vous voyiez l'école primaire où je travaille: l'aménagement des bulles de lecture, d'un cercle d'enfants et d'un bar à collations santé dans toutes les salles de classes équipées de petites tables rondes à la hauteur des enfants. Régulièrement, je sors les palettes d’aquarelle et les pinceaux dansent. Ils tracent des chiffres (s’il y a des ateliers de math), des mots, des coquelicots, des igloos et des petits bonheurs. J’aime ce milieu de vie humain et paisible qu’est l’école de mon quartier d'Iqaluit.
Enfin, juste un mot, pour vous dire que mon livre sur les saisons du cycle féminin (le sang sacré, la glaire cervicale, le flux instinctif, la sexualité positive…) sera bientôt disponible. Je vous tiendrai au courant, mais entendant, je vous laisse sur ces images, dont la peinture de mon rêve d'une nuit d'octobre alors que ma dernière, Mini-Mé, née en famille dans ma chambre célébrait son anniversaire de naissance. Quel magnifique cadeau que de revivre ce moment de grâce au travers de mon subconscient endormi!

















