Alex a toujours su
qu'elle voulait accoucher par elle-même.
Qu'elle ne voulait
pas se faire accoucher.
Parce qu'elle sait
que les femmes savent accoucher,
depuis que le monde est monde…
C'est inscrit dans nos gènes.
Or, le bébé
qu'elle portait lui a joué un tour.
Il garda la tête
bien haute,
les fesses alignées
vers la sortie.
Quelques docteurs
savent qu'une naissance en siège est possible,
surtout lorsqu'on
perturbe la femme en travail le moins possible,
à partir, comme
droguée
par les endorphines
et les hormones d'amour,
que l'important est
de laisser la femme bouger,
le bassin s'élargir,
par les relaxines et les mouvements,
et permettre à
l'utérus de se contracter,
de se contracter
plus que jamais pour un puissant réflexe d'éjection du fœtus (1)
La Vie est forte.
Or, dans les années
2000, au Québec, n'accouche pas en siège n'importe qui n'importe
où.
Alors, on a expliqué
à Alex que c'était trop risqué, que ça prenait un médecin
spécialisé, que son bébé devait être en siège complet, etc,
etc, etc. Et, quand toutes ces conditions semblaient être remplies,
qu'on lui a « donné la permission » d'accoucher son
siège, d'autres « facteurs de risques » ont fait surface,
et on lui a annoncé son rendez-vous au bloc opératoire dans les
heures à suivre...
Une césarienne... douloureuse. Tant pour l'abdomen
sectionné, que pour l'âme.
Alex a remercié la
Vie pour ce magnifique enfant.
Alex a pleuré son
corps, son coeur, mutilé.
Alex a dit « plus
jamais. »
Et quand Alex a été
enceinte à nouveau, c'était une bénédiction d'avoir un suivi
sage-femme, de pouvoir enfin accoucher naturellement, comme dans
l'ordre naturel des choses, de la vie.
Sauf que cet
accouchement, qu'Alex souhaitait profondément, c'était un AVAC :
un accouchement vaginal après césarienne. Et, malgré l'immense
travail accompli par la recherche pour démontrer l'importance des
AVACs et leurs risques relatifs (2), le milieu médical n'est pas à
l'aise avec ce type de naissance, la pression est forte pour
intervenir…
Alex a passé une
grossesse mouvementée.
Elle a lu, a
rencontré des personnes clés. Elle s'est informée, s'est tournée
vers son coeur... Alex, c'est une guerrière.
Et son amoureux, l'a
écouté, et l'a suivi dans ce cri de l'âme... de chercher une
solution, de chercher une façon d'accoucher naturellement, de
manière sécuritaire, avec amour; comme on fait l'amour.
Alex a fait un
ALAC : un accouchement libre après césarienne, autrement dit, un AVAC à domicile en famille. C'était un
long accouchement, comme l'on n'en tolère rarement dans les milieux
où les praticiens doivent obéir aux protocoles. C'était son
rythme, sa force. Alex est une guerrière.
Il y a eu des moments de doute lors de son accouchement. Des moments d'intensités. Des moments où Alex a dansé ses contractions. Son vagin s'est ouvert et
son corps, a su comment faire.
Un ALAC, c'est son histoire à elle,
dans sa réalité… C'est aussi un des moments les plus importants de
sa vie.
J'ai été honorée,
Alex,
d'avoir fait
quelques pas avec toi (sur la plage à
Saint-Zénon.)
Merci.
Et bonne route!
Cynthia xx
(1) Lire à ce
propos les articles du médecin-obstétricien chercheur Michel Odent,
qui a été en charge de 300 accouchements en siège.
(2) Lire l'ouvrage
de Hélène Vadeboncoeur


Magnifique !! Bravo pour ton courage !!!! C'est la plus belle des naissances..
RépondreEffacerMerci Giuliana. Effectivement, c'est merveilleux.
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