mercredi 11 mars 2015

L'accouchement de Cassiopée


Ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée,
mais aussi une femme,
dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même.

(Image tirée de Ma mère, c'est la plus forte - une histoire sur la naissance)

Avec la permission de mon amie Cassiopée, voici le partage de son récit :

Mon amie Cassiopée a donné naissance en cette nuit étoilée de presque pleine lune. J’ai eu le privilège d’être invitée à cet événement comment intime et sacré.

Il était 22h30 quand j’ai discrètement ouvert la porte de sa demeure. Les rideaux clôts, la musique douce, la chaleur et la lumière du feu de foyer… la scène était d’une grandeur indescriptible. Cassiopée était à genoux dans sa piscine d’accouchement, la tête reposant sur la paroi gonflée, le corps dans l’angle idéal pour la descente de son bébé.

Du coup, ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée, mais aussi une femme, dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même. C’était le moment présent. Une vague d’intensité, suivi d’une vague de bonté, prise une à une, en symbiose avec son bébé.

Elle n’était pas seule. Son amoureux à ses côtés veillait le feu, lui mouillait le front, lui donnait la main… lui offrait tendresse et amour, en confiance avec le processus prévu par la nature.
"Le lien entre faire l'amour et donner naissance est clair,
non seulement en terme de passion et d'amour,
mais aussi parce que nous avons besoin essentiellement
des même conditions pour ces deux expériences:
de l'intimité et un sentiment de sécurité."
- Dr. Sarah Buckley

Elle n’était pas seule. Ses enfants qui dormaient déjà depuis quelques heures ont senti l’Énergie et ont, chacun selon leur sensibilité, apporté du courage au duo maman-bébé.

Elle n’était pas seule. Il y avait l’invisible. La puissance et l’ambiance. Ce que les livres d’obstétriques omettent. Ce qui se respire jusqu’au fond du cœur. L’invisible. La force, la grandeur du moment, l’impalpable. Les mots insuffisants.

Puis il y a eu la naissance de cette minuscule tête, puis du bébé tout entier, puis les mains paternelles qui l’ont accueilli, puis les yeux de Cassiopée qui ont croisés ceux du bébé, puis les yeux de cette famille toute entière qui s’illuminaient, accueillant, cette nuit-là, la Vie dans toute sa force et sa dignité. 23h44.

Merci Cassiopée, à toi et ta famille, pour ta confiance.

Cynthia.


mardi 10 mars 2015

Pièges à farfadets

Dans une semaine, 
ça sera... le jour de la St-Patrick !!!


C'est le temps de lire des livres sur les trèfles et les légendes irlandaises.


De manger des légumes verts,
du smootie vert, des oeufs verts et des patates pillées vertes.

De s'habiller tout en vert.



De fabriquer des pièges à farfadets.




Car la légende dit... 
que si nous attrapons un farfadet le jour de la St-Patrick, 
il nous dira où son trésor est enterré.

(lire le livre de Natasha Wing ci-haut pour l'histoire complète)


Photo: Un labyrinthe de blocs pour déjouer les petits êtres irlandais.

dimanche 8 mars 2015

La journée de la femme: égalité et différence

Égalité et différence, voilà le thème de mon petit article publié sur le blog de Mamans zen.



LA JOURNÉE DE LA FEMME SOUS MON TOIT


Sur le plancher du salon, ma fille joue avec ses pouliches, son écurie rose et ses cavalières.

Elle explique à grand-maman:
– C’est un jeu juste pour les filles.
– Voyons donc, il n’y a pas de jeu juste pour les filles.
– Oui oui, c’est rose.
– Ce n’est pas grave ça, les gars aussi peuvent jouer avec.

C’est ainsi que, mine de rien, ma grande qui ne sait encore ni lire, ni écrire, reçut sa première leçon de féminisme.


ÉGALITÉ
J’ai grandi ainsi, avec une mère croyant à l’égalité filles-garçons. J’avais le droit de revendiquer de joindre les parties de soccer masculin sur la cour de récréation, de participer à la politique scolaire ou de grimper aux arbres comme eux. Je pouvais choisir le métier qui me plaisait et gagner ma vie. Tous comme mes amis gars, je prenais le métro et rentrais à minuit, tout en ayant conscience de veiller à ma sécurité.

DIFFÉRENCE
C’est enceinte de mon premier enfant que j’ai compris que je suis différente. D’un point de vue anatomique, biologique, physiologique, tout au moins. Ma mère s’était trompée… Nous sommes loin d’être égaux, hommes et femmes! Par exemple, bien que mon conjoint peut prendre soin de notre bébé, il ne sera jamais enceinte à ma place. À défaut d’être identiques, comment pouvons-nous être complémentaires?

ÉGALITÉ
J’aimerais que mes enfants grandissent égaux. Que les jeux dans la maison, comme les privilèges, appartiennent à tous, sans restrictions dues à leurs sexes. J’aime préparer le souper en observant discrètement ma fille jouer aux salons avec ses frères… et partager les pouliches et l’écurie rose.

DIFFÉRENCE
Et j’espère que le jour où ma fille se rendra compte que sa mère s’est trompée… elle saura qu’elle a autant de valeur qu’un garçon et que, contre et malgré tout, « c’est elle, la plus forte. »

Publié une première fois en mars 2015, à http://mamanszen.com/la-journee-de-la-femme-sous-mon-toit/

jeudi 26 février 2015

Sauver la planète, une serviette à la fois

Suite à un échange sur un forum de discussion,
j'avais envie de répondre à quelques questions "hygiène féminine" ici :)


Q: Combien de temps durent vos serviettes sanitaires en tissus?

R: J'ai acheté mes premières serviettes il y a dix ans et elles sont encore bonnes!
Cela dit, la durabilité dépend d'un million de facteurs (le tissus utilisé, la fréquence d'utilisation, l'entretien, etc.)

POUR RÉDUIRE SES DÉPENSES
(et sa consommation, donc, la pression qu'on crée sur les ressources naturelles)
Voici mes trucs:

1- Plier des débarbouillettes (vieux t-shirt coupé en carrés) dans ses petites culottes pour les pertes légères.

2- Utiliser une coupe menstruelle si on est à l'aise avec les tampons (on ne sent pas plus qu'un tampon). Certains modèles (ex: Keeper) sont en caoutchouc naturel tandis que d'autres sont en silicone (ex: Diva Cup).
Si elle nous intimide à première vue, on la dépose dans notre douche et l'essaie quelque fois sans nos règles.

3- Acheter quelques serviettes sanitaires de différentes marques: certaines seront vos préférées la nuit, lors de sortie, la journée que vous avez beaucoup de pertes... À mon avis, toutes les marques récentes sont assez bien fait et j'essaie d'encourager des compagnies d'ici (Omaiki, Bon-Zay, etc)

ou

4- Se fabriquer des serviettes sanitaires en tissus. Un beau projet facile pour récupérer des retailles ou des vieux tissus.

J'ai utiliser trois tissus:
- Du PUL qui est imperméable et souple 
(Une amie a mis un bout d'un vieux chandail 100% laine et ça fait le même travail).
- Un absorbant 
(J'ai pris du micro fibre acheté au Canadian Tire, dans la section des chiffons pour laver les voitures, mais on en trouve aussi au magasin de tissus.)
-Du polar qui nous coupe de l'humidité de rend la serviette confortable
(Je préfères les tissus foncés qui n'ont jamais l'air tâchés. Ici aussi, on peut recycler du vieux polar.)

Notez que mes serviettes qui fête leur dixième anniversaires sont faites uniquement en flanalette. Elles sont vraiment douces et absorbantes.

5- Pratiquer la continence des lunes. Pour en savoir plus... http://www.lilithlifestyle.fr/liberons-nous-des-regles/


ET L'ENVIRONNEMENT
Lorsque les gens pensent que nos serviettes et couches lavables consomment beaucoup d'eau lors des lavages...

Réponse rapide: Et ta vaisselle aussi! Pourquoi ne manges-tu pas dans de la vaisselle en carton?

Réponse savante: L'industrie des pâtes et papier qui fabriquent les couches, les serviettes hygiéniques et les assiettes en carton est très énergivore et consomme énormément d'eau.



mardi 24 février 2015

Les phoques

Bonjour L,  (c'est mon neveu de 8 ans)

Ce matin, après ma tartine au beurre d’arachides, sais-tu ce que j’ai fait?      
                 
J’ai mis mon nez à la fenêtre pour observer les drapeaux des voisins :

Brrrrrr, il vente beaucoup!

Tuque. Mitaines. Brrrrrr.
Nous sommes allés à la bibliothèque en taxi-bus. 



La bénévole de la bibliothèque nous a lu des histoires sur les phoques.

Si ta mère est d’accord, voici un livre électronique sur les animaux du Nord pour toi : 


http://www.lulu.com/shop/inhabit-media/ukiuqtaqtuup-uumajungit/ebook/product-21097044.html 
(c'est gratuit, mais il faut s'inscrire)



Savais-tu que j’ai une peau de phoque chez moi?

Je vais l’utiliser pour faire des mitaines super-ultra-méga chaudes 
car il fait trèèèèèès froid ici.


En rentrant de la bibliothèque, 
devine combien de passagers nous étions dans le taxi?

(Ha ha, voici un exercice de mathématiques!)

Moi + tes cousins + ta cousine + une maman avec son bébé dans son amauti + un papa + un autre enfant.
Combien ça fait?
1
2
3
4
5
6
7
8
Tu n’as pas oublié le chauffeur, n’est-ce pas?

Je te laisse avec ce petit bricolage:
Bricolage de phoques:
1- Dessine un gros phoque.
2- Met de la colle sur le phoque
3- Saupoudre de la cannelle
4- Pour le soleil, tu peux prendre du curcuma,
du sel pour le blanchon, etc.

Bonne journée!

Matante Cynthia xx



LE SAVAIS-TU ?
Les phoques sont une composante importante de la culture inuite. La viande de phoque est très bonne pour le santé.
Lorsqu'un chasseur en tue un, aucune partie n'est gaspillée.

Petits phoques que j'ai photographiés près d'Iqaluit à l'été 2013.

mercredi 18 février 2015

L'hiver prend son temps

Il me semble,
qu'ici dans le Grand Froid,
l'hiver prend son temps.

Il ne se presse pas de ramener la chaleur,
il laisse la nature dormir tranquille.
Même les gens ont compris,
ils prennent leurs temps.
Ils marchent sous le bleu du ciel,
car le soleil, sans presse, se lève avec peine.

Il fait -32.
Il ne fait pas si froid.
Car, lorsque tu habites dans la Saison du mammouth,
car, lorsque tu habites au pays de l'ère glaciaire,
tu prends le temps
de prendre ton temps.


vendredi 6 février 2015

S'allonger pour nourrir bébé



C'est l'anniversaire de ma nièce. Les enfants courent à travers les invités et expriment leur joie de vivre, les adultes s'échangent les dernières nouvelles, le four laisse s'échapper un appétissant parfum, mon bébé vient d'ouvrir les yeux et démontre des signes de faim. Je m'allonge pour lui offrir le sein. 

- Tu te reposes? observe ma tante M.
- J'allaite.
- Tu te repose.
- J'allaite.
- Tu allaites en te reposant, insiste-t-elle.

NON. Je m'allonge car c'est la position la plus confortable que mon bébé et moi avons trouvé pour les boires.
Je m'allonge car, ainsi, bébé régurgite moins et est plus calme.
Je m'allonge car...
Ai-je vraiment besoin de me justifier!?

INCOMPRISE. De l'extérieur, j'ai l'air de passer ma journée entre le canapé et mon lit. Entre deux boires, j'hésite entre déposer bébé (qui va pleurer), me reposer (car j'en ai vraiment besoin), manger (car, ça aussi, j'en aurais besoin), prendre un peu de temps pour moi (en lisant mes courriels ou en m'offrant un café chaud), préparer le souper dont l'heure approche...

RIEN N'EST PLUS INEFFICACE QUE D'ALLAITER. Pendant que je passe la journée à me "reposer", j'envie mon conjoint qui jouit encore de (presque) toute sa liberté. Il me semble que rien de son quotidien n'a changé. J'aimerais préparer le repas, faire la vaisselle, le lavage... échanger de place pour 24 heures et dormir une nuit complète, juste une.

PASSER SA VIE À ALLAITER. Bien que nécessaire à démarrer une bonne production, allaiter à la demande, (et à l'éveil les premiers temps), c'est exigeant, parfois. Merveilleux, souvent. C'est s'oublier... lorsqu'on souhaite aller dormir et que bébé décide de faire un marathon de boires jusqu'à minuit. 

UN CHOIX LOGIQUE. Parce que, si mon corps est parvenu a concevoir un enfant, à le faire grandir durant neuf mois, à l'expulser dans toute la grandeur de la nature, il fallait qu'il sache aussi produire le précieux lait maternel pour nourrir mon enfant. J'aime croire que la nature est bien faite, même si certaines journées sont plus grises, parsemées de vents violents ou même d'ouragans, parfois. 

MA TANTE M. Elle a eu ses enfants à une époque où les garde-malades s'occupaient d'offrir le biberon dès les premiers heures de bébé. Elle se levait la nuit pour stériliser ses contenants et devait faire chauffer ses préparations lactés qui coûtait une fortune. J'ai eu tord de m'offusquer de l'observation ma tante M... moi, j'allaite par choix.
     

La maman de "Ma mère, c'est la plus forte" allaite confortablement allongée (p.23).


Un fusil et un bateau


Ce matin, en mettant le nez dehors, il y avait une agréable brise d’air pur. Un vent frais comme en Abitibi, sur le bord du lac Guéguen, en plein mois d’août. Pas une journée pour se baigner, mais un beau ciel bleu, parfais pour jouer dehors.

Une journée pour jouer dehors: les parcs se remplissent d’enfants en après-midi. Souvent, je m’assieds sur le banc et surveille mes enfants. En réalité, je ne suis pas la seule à les surveiller; ils savent s’entourer de "grands frères" et "grandes sœurs". Est-ce à cause des larges familles inuites que les enfants sont si sensibles aux touts-petits?

Les grands me ramènent ma petite ou vont la pousser sur la balançoire. Ils sont contents d’avoir un adulte à qui raconter leur quotidien. J’apprends sur leurs familles, leurs animaux, leurs jeux…

Un petit garçon m’a dit qu’il a un fusil. « Un fusil et un bateau. » Il est allé avec son père et son grand frère en mer pour chasser le phoque et le morse. Il est fier d’avoir tiré trois coups de fusils. Il sera un grand chasseur.

Écrit à Iqaluit, 2011. Cynthia Durand

mercredi 28 janvier 2015

Un porte-bébé et un autre

Bonne nouvelle. Pour 2015, je joint les collaboratrices du blog Mamans Zen où je publierai une fois par mois. Voici mon premier article :



MES 9 PORTE-BÉBÉS


Je ne suis ni une acheteuse compulsive, ni une collectionneuse. Un peu comme posséder une paire de sandales, d’espadrilles, de bottes d’eau et de bottes d’hiver : chacun de mes neuf porte-bébés a son utilité et m’est immensément précieux. Pour ceux qui doutent de la nécessité d’en avoir autant, voici une brève présentation de dix usages que je fais de mes différents porte-bébés…
5mois

1. Pour aller marcher…

Dehors ou dans la maison. En hiver ou en été. En ville ou en forêt.
Un porte-bébé vite enfilé: deux bretelles et une ceinture de taille, comme un sac à dos. S’utilise par en avant ou par en arrière. Chez moi, le préféré de papa pour sa facilité d’utilisation.
Azel 1ans, mei tai

2. Pour me libérer les mains…

Et faire le ménage, cuisiner, jouer avec mes grands et laver mes couches. Voici la version « traditionnelle » du porte-bébé présenté à la photo 1 : un carré de tissus central avec des sangles qu’on noue. Ainsi, aucune attache en plastiques ne peut briser et l’ajustement est infini pour un confort optimum. On l’appelle le porte-bébé asiatique (Bébé Tai, le Mei Tai…) et pour les mains agiles, de nombreux tutoriels sont disponibles en ligne.
(...)
Article complet sur http://mamanszen.com/mes-9-porte-bebes/

dimanche 11 janvier 2015

Une petite "écoeurantite" du froid



Depuis trois semaines, nous sortons très peu dehors:

Température réelle:      -34°, partiellement ensoleillé
Température ressenti:  -51°

Brrrrrrrr.

J'adore Iqaluit: la proximité avec la nature, la culture de son peuple, l'ouverture des gens aux enfants...
pourtant, tous les mois de janvier, elle revient...
cette petite "écoeurantite" passagère...
comme en 2012:

8 janvier 2012

Mon chéri est passé à la maison se faire un latté bien chaud. Il a laissé le moteur de son camion tourné. En entrant il a murmureé quelquechose comme "brrrr, celle-là est frette."

Le ciel est d’un bleu clair. On est sorti prendre notre dose de vitamine D, la vitamine-soleil. 10 h00 le matin, il fait clair, mais le soleil est trop bas, aucun rayon ne parviennent à notre peau. On s’est habillé chaudement, mais rien à faire, l’hiver égale vraisemblablement frustration pour les tout-petits : des mitaines qui l’empêche de ramasser un jouet, une embuche qui le fait tomber la face dans la neige, la neige trop molle qui le fait renfoncer jusqu’aux genoux, la botte qui reste coincée dans cette neige trop molle, la plaque de glace qui le fait glisser, le jouet qu’il tente de sortir de sa poche…  

Ça c’était hier. Aujourd’hui, -29 avec passage nuageux, n’essayez même pas de me convaincre, je reste encabané. Il jouera avec son train, ses camions, ses crayons, qu’importe, s’habiller pour aller sortir n’en vaut pas la peine.
Dans ma famille, l’hiver, ça toujours  été le ski de fond, la glissade et les grandes respirations d’air frais. J’ai toujours aimé l’hiver. C’est fini. JE NE SUIS PLUS CAPABLE. Trop de froid, trop de neige, trop de vent, f-i-n-i-i, FINI. Je n’aurais jamais cru vivre un tel froid, surtout une telle « écœurantite ». C’est inhumain.
Comment ils faisaient pour survivre, les Inuits, avant l’eau courante et l’électricité? Plus je me gèle le bout des doigts et plus j’ai de respect pour ce peuple qui d’après les trouvailles archéologiques seraient dans les environs d’Iqaluit depuis 4 000 ans. Je ne comprends pas, comment ils faisaient pour survivre à l’hiver, dans le temps? Ils prenaient leur bain dans un igloo ou ne se lavaient pas de l’hiver? Et pour aller aux toilettes en plein blizzard, il y avait une bécosse en forme d’igloo en annexe à l’igloo principal? Et pour s’essuyer les fesses? Bon je sais, on fait partis de la minorité de l’humanité qui a accès à du papier de toilette, mais ici, on n’est pas en pays tropical! Et pour s’éclairer dans l’hiver presque sans soleil? Et se chauffer dans ce pays sans arbres? En tout cas, moi je leur lève ma tuque.

12 janvier 2012


Mais, aujourd’hui, non, ce n’est pas un blizzard, seulement un vent bien déterminé qui décoiffe les voitures. Un vent de 52 km/heures qui refroidit la température ressentie de 20 degrés. -52°C

La noirceur, additionnée au froid permanant, joue un vilain tour au moral. Ça prend un sacré détermination pour survivre à cet hiver. Je sais je devrais sortir, prendre de l’air, voir des gens. Ouf, avec les enfants, sortir me semble une montagne inaccessible. Passe-partout est maintenant autorisé à jouer à profusion dans ma maison. Je pourrais profiter de ce temps à la maison pour me lancer dans la grande gastronomie, j’ai plutôt envie d’une bonne pizza graisseuse avec frites salées. Peut-être est-ce mon corps qui sent ce besoin gras afin de se garder au chaud? Pour déjeuner, hum, rien de tel que du chocolat.

Je comprends la dépression plusieurs personnes d’ici. Il faut sans cesse être créatif pour passer au travers de l’hiver. Hier, on a sorti le maquillage et on s’est lancé dans le body painting. Quel barbeau!

Alors là, j’ai mis la musique à tue-tête. Les petits et moi, on s’est laissé entraîner. C’est ce que j’avais besoin, donner un rythme à chaque partie de mon corps et simplement perdre le rythme. On a bougé, dansé, sauté. On a chanté, crié. On a sorti les chaudrons, jouer de la musique à casser les oreilles. On n’entendait plus le téléphone, on n’entendait plus nos idées. Comme c’était libérateur. On a fait un tapage.

lundi 5 janvier 2015

Veillez déposez vos bottes au frigo, s.v.p.



Samedi, c’était la vente de Noël par les artisans d’Iqaluit. « Artisans » est un bien grand mot, car tout le monde avait bien le droit d’aller vendre ses projets de tricots, ses parkas fait à la main ou ses biscuits secs. 
À un kiosque, une vieille dame était assise avec un jeune Inuit. Elle souriait. Elle vendait une superbe paire de kamiik, de la grandeur parfaite pour mon fils. Des kamiik (au pluriel, on double le i), ces bottes traditionnelles du Grand Nord, faites en peau de phoque, avec une doublure en feutre 100% laine, ornée de broderie comme les grands-mères polaires ont tellement de talent pour. Je me suis informée sur leur coût. Le jeune garçon a traduit en Inuktitut à sa grand-mère qui a répondu avec un sourire et un jargon mélodieux qui signifiaient le prix et son désir de m’en faire d’autres à mon goût pour la famille.
150$. Un peu dispendieux, mais un prix honnête pour tout le temps mis dans la fabrication des kamiik : chasser le phoque, le dépecer, gratter la viande et le gras de la peau, laver et tendre la peau sur un cadre en bois, la laisser sécher, couper les pièces nécessaire pour les kamik, les mâcher (étape essentielle pour attendrir la peau), coudre, broder…
J’ai discuté un peu avec le garçon qui m’a surtout précisé qu’il fallait les ranger au congélateur.
 - Au congélateur ?!
 - Le frigo fonctionne aussi, qu’il m’a répondu.
 - Ha bon.


Avez-vous déjà laissé vos bottes au congélateur? J’imagine que c’est plutôt froid quand tu te mets les orteils dedans. On m’a expliqué que c’était à cause que la peau de phoque était crue. On l'a simplement laissée séchée au soleil au lieu de la tanner chimiquement comme on traite habituellement le cuir. "Crue", donc, si tu la laisses sur le comptoir, attend-toi à une réaction de vieux steak oublié sur le comptoir : odeur, moisissure, yak et burk. Alors, tout l’été, il faut les ranger sous zéro et l'hiver on peut les laisser au frais dans son portique.
Dommage, pour cette artiste et les authentiques kamiik. Je les trouvais vraiment belles, mais pas très pratiques.

Écris en décembre 2010... comme le temps passe vite ;)
Désolé pour le "recyclage", j'ai peu le temps d'écrire ces jours-ci...

jeudi 1 janvier 2015

Dernières photos de 2014 (décembre à Iqaluit)


Dernières photos de 2014 (décembre à Iqaluit)

Le soleil à son zénith lors du soltise d'hiver. La baie de Frobisher.


La veille de Noël, superbes aurores boréales serpentant le ciel d'Iqaluit.
(Cette photo t'es dédiée, Mélanie :) 

Au petit matin, photo de la Baie de Frobisher à marée haute. N'est-ce pas superbe? 

 
Bonne année 2015
 
Happy New Year
 
Haapi Niu Yiahutitlu

mercredi 24 décembre 2014

Je ferme mon ordinateur


Cuisiner une bûche, écrire des cartes de Noël, bricoler des guirlandes en maïs soufflée, lire des contes de Noël, fabriquer mon propre papier d'emballage, tricoter des poupées aux enfants...

Voici la liste (non-exhaustive) de tout ce que j'aurais aimé faire avant le grand Jour. Avec les enfants, l'allaitement, le lavage de couche, la popote quotidienne et tralala, Noël est arrivé à une vitesse folle, et mes priorités ont dû changer.

Ouf, on a heureusement eu le temps d'accueillir le retour du soleil.
Il me semble que la noirceur est omniprésente.
Selon Environnement, lever du soleil pour Iqaluit: 9h 30.
Coucher: 13h40.
Voici une de nos lanternes faites à la main,
symbole des journée qui vont rallonger, un peu plus, jour après jour. Youppi!

Alors, voilà, je voulais vous souhaiter un
"Joyeux Noël"
Trop impersonnel, je sais,
mais je vous ai dans mon cœur, mes ami(s) et famille
de Senneterre, Ste-Thérèse,
Longueuil, Rimouski, Boucherville,
Lévis, Brigham, Sherbrooke, Ste-Mélanie,
St-Zénon, Montréal, Ste-Martine,
Avon,
St-Donat,
Grossensseebach,
Iqaluit...


Gros bisou,

Voilà, je ferme mon ordinateur.
Mon téléphone, aussi.

Comme la famille marmotte, on s'est trouvé une petite cachette pour passer Noël reposant.
On se reparle en 2015!!!
Cynthia xxx

mercredi 17 décembre 2014

Noël est dans l’air... et les enfants le savent!


Je ne sais pas dans votre maison, mais ici, 
je peux vous affirmer que Noël approche 
et les enfants le savent!

En fait, Noël est dans l’air…

 1-     Quand la maison de Lego se transforment en atelier du Père Noël

2-     Quand tu passes le restant de bonbons d’Halloween sur les biscuits en pain d’épice

3-     Quand la pâte à biscuit remplace la pâte à modeler.

4-     Quand le lutin-coquin a été rappelé d’urgence au Pôle Nord pour aider le bon Père Noël.

5-     Quand les enfants préfèrent porter les tuques rouges de Noël au lieu de celles tricotées avec amour.

6-     Quand la sieste des enfants (moment attendu chaque jour par maman) prend le bord pour bricoler des cadeaux de Noël. 

7-     Quand les enfants veulent aller à l’épicerie tous les jours pour remettre leur coloriage du concours de dessins… et s’en prendre un nouveau.

8-     Quand tu fais faire aux enfants du travail à la chaîne pour confectionner assez de cartes de Noël à temps.

9-     Quand les enfants orchestrent eux-mêmes l’activité de lettre au Père Noël et s’aperçoivent que leur papa n’aura pas de cadeau cette année, car ils ont oublié de passer cette commande au vieux monsieur barbu.

10- Quand les enfants s’endorment en écoutant « Au Royaume du Bonhomme Hiver ».

mardi 16 décembre 2014

I Spoke with an English Publisher!



ENGLISH version: My Mother Is the Strongest - a Homebirth Story

Thanks for your interest in the English version of “My Mother is the Strongest - A Homebirth Story”.

I’m currently working with a publisher on an English translation of the book.

While you are waiting for the published English version, I’ve created a PDF of the English translation that you can add to your French copy of the book.

http://www.viewdocsonline.com/document/41cfne




vendredi 12 décembre 2014

Mon accouchement: intensité, intimité et fierté





Un vent fou

Iqaluit. Un vent fou (65 km/h) fouette la maison, la neige vole de tous côtés. « Si c’est une petite fille, il faudra l’appeler Blanche! »

Mercredi soir. Quelques contractions s’installent, nous déplions une nappe et une vieille couverture sur mon matelas. 22 h. Je m’endors collée à mon chéri. Les contractions entrecoupent mon sommeil.

Dès le début, l’intensité de cette naissance m’impressionne. 23 h. Le bébé va naître cette nuit.
L’environnement est parfait : mon amoureux tendrement amoureux, les enfants dans un sommeil profond, la chandelle dans la salle de bain…

Tout m’est passé par la tête

  • Ouf, elle est vraiment intense, celle-là.
  • Respire doucement.
  • « Sors, bébé, sors »
  • Une minute, juste une minute, ce n’est pas long, une minute.
  • « Si on leur donnait le choix, les femmes accoucheraient très calmement, très humblement. » (sagesse inuite tirée du livre de B. O’Brien)  

Je me suis trompée

Je songeais à « Ma mère, c’est la plus forte »… j’avais omis la page dont la mère est submergée par les vagues, dont les vagues deviennent vraiment folles et intenses, dont la mère doit travailler très très fort, dont la mère doit s’accrocher, même si elle chavire…

Je me suis trompée en pensant que cet accouchement serait à l’image du précédent, qu’il serait rapide, qu’il serait doux, qu’il ressemblerait aux accouchements rêvés et accompagnés…  
Quand j’ai réalisé que tous les rythmes sont possibles, que cet accouchement serait unique et que l’intensité serait bel et bien présente… soudain, je me suis sentie beaucoup moins brave.

Mon bébé n’est pas né cette nuit-là.

Le soleil se lève. Jeudi. Une journée lente, parsemée de contractions irrégulières. Incapable de manger ou de sortir de la maison. Recherche de confort.

Bébé a 36 semaines de gestation. Doit-il naître maintenant ou tout ce travail s’arrêtera? Je n’avais plus aucune attente. Hum, mieux valait annuler mon « blessingway » qui se tenait ce soir-là.

Mes grands ont joué merveilleusement toute la matinée et des amis extraordinaires en ont pris soin en après-midi et pour le souper. Au retour à la maison, ils ont demandé: « Est-ce que le bébé est né? » Ils se sont couchés sans un mot.

Mon amoureux

Prise 2. Nuit de jeudi à vendredi. Nous nous couchons collés l’un contre l’autre, sur les airs de Fred Pellerin. 21 h. Les contractions reviennent aux 3 chansons.

Je me rappelle lorsque mon chéri m’a dit : « t’es belle! »
Et aussi, « une à la fois. »
Et lorsqu’il a su faire silence, aussi.

Je me rappelle la douceur de l’eau qu’il versait sur mon dos dans notre bain trop étroit.
De sa main chaude au bas de mon dos, à l’endroit exact où ça soulage tout.
Et de ses caresses,
De sa douceur,
De son calme,
De sa patience,
De sa présence,
De son amour.
Il a été merveilleux.

L’intensité m’a surprise

C’est le début le pire. On oublie la force, on idéalise, on se dit qu’on l’a déjà fait… Pourtant, l’intensité est… intense. Cette nuit, je ne voulais m’épuiser comme la précédente. Je suis restée couchée… jusqu’à ce que je sente le besoin de m’agenouiller à côté du lit. Une contraction à la fois, je m’agenouillais puis m’allongeais de nouveau lorsque celle-ci s’évaporait. Quel calme, je me rendormais, je crois.

Une autre solution

Être à genoux, avoir la main de mon amoureux dans le bas du dos, être aimé… plus rien ne suffisait. Comme j’ai regretté de ne pas avoir commandé une piscine d’accouchement. Un petit pas à la fois, je me suis rendue au bain. Là non plus, je n’étais plus bien. Dans notre maison parsemée de vieilles couvertures et serviettes, je me suis rendue au salon, me tenant debout appuyée sur une chaise.

J’avais envie d’être seule, sans personne à qui me plaindre, sans personne tout court. C’est là, avec moi-même, que j’ai poussé, comme pour aller à la selle. La poche d’eau a éclaté d’un coup sur le sol. Mon chéri m’a rejointe. Quelques minutes plus tard, j’ai poussé la tête. 3 h du matin. La contraction suivante, le corps tout entier est sorti tout seul, d’un coup, dans les mains de papa qui a dit « c’est un petit gars! »

Je me suis assise sur le divan, j’ai pris le bébé, il a pleuré, il était réveillé. J’ai demandé qu’on aille réveiller les enfants. C’était un merveilleux accouchement familial.

Je suis tellement fière de moi, de nous.
De son calme, de sa patience.
De mon calme, de ma patience.

Les heures suivantes

Ce n’est pas parce que le bébé est né que l’accouchement est terminé.
Les enfants sont retournés se coucher et, dans mon lit, j’ai mis mon bébé au sein. Il était encore relié à moi. Comme je le souhaitais, nous attendrions au moins 4 heures avant de couper le cordon.

Le placenta est né une heure plus tard. Nous l’avons déposé dans un saladier à côté du lit. Au petit matin, c’est en famille que nous avons attaché le cordon ombilical et mon grand l’a coupé. J’ai gardé une empreinte du placenta, comme l’a dit une amie: « C'est tellement riche de sens. »



Épilogue

Environ 28 heures sont passées de la première grosse vague à la naissance. Pourtant, je n’ai jamais senti que c’était trop. Le deuxième soir de travail, j’ai cherché à l’intérieur de mon cœur pourquoi le bébé n’était pas né la veille. J’avais confiance et cherchais le sens de cette phrase de la sage-femme Karine Langlois exprimé dans un contexte où la femme accouche dans toute sa puissance…

« La femme est responsable de l’issue de son accouchement. »


Bibliographie:
O’BRIEN, Berverly, Birth on the Land – Memories of Inuit Elders and Traditional Midwifes,Arctic College, Iqaluit, 2012 (traduction libre)

DURAND, Cynthia, Ma mère, c'est la plus forte - une histoire sur la naissance, autoédité, Iqaluit, 2014, 32 pages.

LANGLOIS, Karine, http://www.karinelasagefemme.com/
  

dimanche 7 décembre 2014

Première sortie en amauti.



Photo prise lors de la dernière semaine de novembre: le soleil se lève à peine sur Iqaluit.
L'an dernier, lors de la Parade du Père Noël, tout le monde se rappelle qu'il faisait très froid. Alors, cette année avec son -21° (-28 de ressenti), tout le monde s'est réjoui du temps doux!
Première balade en amauti pour mon choux,
bien emmailloté dans la doudou que grand-maman a tricotée. 
Comme nous avons eu chaud, mon trésor et moi, ainsi collés!
Vive ces merveilleux manteaux du Grand Nord! 
Avez-vous remarqué le traineau du Père Noël... c'est un qomatiq!


Un petit extra... pendant qu'on parle d'amauti...

Merci à Mélanie Frigon d'avoir accepté de partager ces images de portage de jumeaux!!!
Les bébés ont environ 3 mois.
N'est-ce pas génial?



Pour voir plus d'images
de mamans portant leur enfant dans un amauti;
Visiter ce superbe site Internet: http://amautibaby.com/mombaby/


lundi 1 décembre 2014

Né au salon

Aujourd'hui à Iqaluit,
Température ressenties de -55
Visibilité très réduite.
Écoles fermées en après-midi.

Temps pour se coller.
Coller notre lutin de Noël... arrivé en novembre. 

Je vous parlerez de sa naissance bientôt:
comme lors de sa conception,
un superbe moment vécu en tête à tête avec l'homme de ma vie.

Né au salon, alors que les bougies achevaient,
et que nos grands dormaient à poings fermés.


"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

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