samedi 9 mai 2015

L'épicerie un dimanche soir

Pour Mé 
(qui m'a reproché de ne plus écrire assez sur le Grand Nord...)



L'épicerie un dimanche soir


Devant l'épicerie, un jeune libanais attend son prochain client au volant de son taxi.
C'est un ami qui lui a parlé de l'opportunité.
Il est venu de son pays natal pour travailler et économiser.
Directement d'un soleil éclatant à la pénombre hivernale du Grand Nord
Directement de 40 degré Celsius à - 40 !!!!
Il est complètement sur-qualifié pour chauffer un taxi.
Qu'importe, il sourit à son son emploi au Canada.
Ses supérieurs l'ont attitré au service de nuit.
Douze heures de file à chercher les adresses dans la noirceur, reconduire les soûlons, découvrir la vie nocturne d'Iqaluit...


Grrrr, je sors de l'épicerie.
Les étalages de pains: complètement vide.

Plus un seul carton de lait homo, de yogourt à la vanille, ni de fromage de chèvre.
Pas de betteraves, pas d'asperges.
Parfois, je me dis sereinement que c'est cela, la simplicité.
Ce soir, la simplicité peu bien aller au diable!

J'ouvre la porte arrière du taxi pour rentrer chez moi.
Au même instant, une jeune femme avec son enfant lové dans son amautik blanc s'assoit à l'avant du taxi.
Parfait! voilà ce qu'on appelle du transport en commun.
7$ par adulte pour la course, qu'importe le lieu.
(La ville ne fait pas plus qu'une dizaine de kilomètres.)

- J'ai hâte que mon quart soit fini, ma femme m'attend.
- Vous êtes marié! Je ne savais pas. Vous vous êtes rencontré ici?
- Non, on s'est connu à l'université il y a dix ans déjà,
a répliqué le chauffeur de taxi.
Il m'a parlé de ses deux enfants, 8 et 13 ans, aussi.

Parce qu'on finit tous par devenir familier avec les chauffeurs de taxi, j'ai poursuivi notre échange:

- Votre femme aime ça, le Grand Nord?
- Euh, nous avons rendez-vous demain... au Liban, je ne l'ai pas vue depuis près de trois ans.

jeudi 30 avril 2015

Jeudi confession: J'ai laissé les enfants jouer avec de l'eau




L'eau, cette ressource si précieuse. Distribuée quotidiennement dans notre réservoir familial par le camion citerne de la ville. J'ai laisser les enfants jouer avec, la "gaspiller" pour apprendre par le jeu.

Jouer aux petits scientifiques, c'est une idée que j'ai vu passer sur un blog de maman (Pétunia et Cie). Et ce matin, ça prenait donc une activité facile pour changer les idées des enfants. Ils ont commencé avec les moules à glaçon, puis ce fut le tour de tous les verres de la maison à être victimes de mélanges de couleurs "scientifiques", puis ils ont fini dans le bain!!!!

Bon printemps.
Yé!!!!   Enfin mai!!!!!


En parlant du printemps, ça faisait longtemps que je n'avais pas mis de photo d'Iqaluit de mon quotidien (ma caméra a rendu l'âme...) Voici notre petite joie de printemps: on a sorti les vélos!!!!

jeudi 23 avril 2015

Avril



Belle surprise ce matin sur le blogue de Marie-Noëlle Marineau, un article sur Ma mère, c'est la plus forte.

La gagnante du concours du 500e exemplaire est Émilie Ouellet.
Félicitation Émilie.
Et merci à tous!

Ici à Iqaluit, le printemps rime avec temps doux et longues journées.
Le soleil se lève vers 5h et bébé suit!
Ouf, là là, ça me prend VRAIMENT un rideau!!!!!
(ou une gardienne pour occuper bébé-je-veux-de-l'attention de 5h à 8h!)


dimanche 12 avril 2015

Une femme nue dans un livre pour enfants - 500e exemplaire



Livre Ma mère, c'est la plus forte: une histoire sur la naissance

Note: * Cet article a été publié une première fois en avril 2015; au 1er janvier 2016, nous parlons plutôt de 1600 livres.



On m’a reproché d’insérer des illustrations d’une femme nue et d’utiliser le mot « hormones » dans un livre jeunesse. On a ri du mode d’édition de mon livre, aussi. Il fallait oser. Aujourd'hui, j’ai vendu le 500e exemplaire* de Ma mère, c’est la plus forte – une histoire sur la naissance.


Un "gros vendeur" 
500 exemplaires*, c'est beaucoup!
C’est le nombre d'exemplaires dans lequel un livre ou un roman au Canada est souvent imprimé. Comme me disait un ami qui œuvre dans l’édition : 

« 500*, ce n’est pas encore un bestseller
mais - wow! - c’est un gros vendeur ».


Quelques faits :

  1. De Gaspé à Alma, de Senneterre à Boucherville, près de 30 libraires indépendants ont vendu des exemplaires de notre livre indépendant!
  2. Mon blog est passé d'une centaine de visites par mois à une centaine de visites par jour. (Vive les réseaux sociaux)
  3. Nos principaux points de vente : les boutiques de maternité, les organismes en périnatalité et les studios de yoga
     
  4. Réalisé pour tous les milieux, une classe de premier cycle de Montréal et un centre d'éducation à la condition féminine possèdent un exemplaire de Ma mère, c’est la plus forte
     
  5. Le livre a traversé l'océan!!!! En plus d'avoir un point de vente en France, Belgique et en Suisse, deux revues européennes l'ont présenté dans leur section « Suggestions de lectures ».

Et merci encore d'avoir cru en notre projet!!!!!

                    Cynthia !



Note: * Cet article a été publié en avril 2015, au 1er janvier 2016, nous parlons plutôt de 1600 livres.




AVANT DE QUITTER...
Prenez 2 minutes pour faire connaitre le livre, venez
 "aimer" notre page facebook...



Disponible sur www.amazon.ca
(évalué 5 étoiles!!!)

vendredi 10 avril 2015

Des petits projets au quotidien


Ils est 16h30, les enfants rentrent avec de belles jouent rouges et ma petite voisine me montre son pantalon de neige déchiré. C'est comme ça, même les enfants des autres savent que j'ai toujours ma machine à coudre à la porté de la main, et que juste l'idée de jeter un morceau de vêtement encore si neuf me fend le coeur. Alors, je lui ai réparé sa culotte de neige. Une affaire de cinq minute!

Ces jours-ci, les formes sont à l'honneur et voici quelques suggestions pour créer, recycler, jouer:

1. Une série de carrés = un serpent pour bébé!


2. C'était l'anniversaire d'un ami et mon grand voulait lui offrir une couronne type Waldorf 
(vous vous rappelez celle que j'avais fait pour ma cocotte http://lasaisondumammouth.blogspot.ca/2014/09/laine-et-feutrine.html )

Quelques triangles sur de la feutrine.
Et une "suite logique" d'orange et jaune.



Ainsi qu'une "suite logique" de blocs Lego rouge et bleu.
J'ai fait la finition, mais c'est tout, ce n'était pas mon projet :)

3. J'ai une tonne de foulard tricoté avec amour.
Celui-ci, je l'ai reconverti en pantalon pour ma cocotte. 
J'ai coupé le foulard en 3 pièces: les jambes et le centre des fesses pour élargir aux cuisses jusqu'à la taille. 


4. Premier grand projet réalisé par mes enfants : un BBQ et de la nourriture en feutrine. 
J'ai prêté ma machine (sous supervision) à mon grand pour la première fois pour la grille du four.


Les saucisses sont des rectangles devenus cylindres.
La patate jaune est un ovale.


Cocotte voulait faire une betterave. Je lui ai tracé un patron sur du carton et elle l'a tracé et découpé tout seule.  




Et vous, quels sont vos projets de printemps?



samedi 28 mars 2015

Les grandes marées

Une nouvelle glace vive apparaît sur la plage un soir de grande marée.

Je vis à Iqaluit, 
cet endroit décrit comme "un désert de glace et de roches" 
par les premiers Blancs y ayant habité, les missionnaires.
Il y a quelques jours, c'était la pleine lune, ici comme ailleurs.

La pleine lune.
Ici, on dit plutôt: "Les jours de grandes marées"
Parce que, même avec une épaisse couche de glace recouvrant la mer,
celle-ci ne demeure pas insensible à l'attraction de la lune.
Particulièrement à l'attraction de la pleine lune.

Sur la plage, s'entasse d'énormes blocs de glaces

Entre la toundra et la mer,
sur la plage,
s'entasse d'énormes blocs de glaces forgés par la marée.
Et lors des grandes marées,
ce qui semble être complètement glacé 
- surtout avec la température extrême des deux premiers mois de l'année -
craque,
bouge,
se fissure.
On entend l'eau ruisseler: la marée est ascendante. 

À coups de hache, la piste redevient nôtre.

La marée, la vilaine, brise nos pistes.
À certains endroits, de nouveaux monticules apparaissent.
À d'autres, des failles nous impressionnent.
À coups de hache, la piste redevient nôtre. 

Le ciel est dégagé.
La météorologie populaire dit qu'il ne neige jamais un soir de pleine lune.
Vive la pleine lune.


La météorologie populaire dit qu'il ne neige jamais un soir de pleine lune.

lundi 23 mars 2015

Douze fleurs et une césarienne



Je reviens d'Apex, le faubourg reculé d'Iqaluit, là où les aurores boréales échappent quand même un peu à la pollution lumineuse de la capitale nunavummiut. Dans un étroit atelier dissimulé dans une maison du quartier, une douzaine de femmes sont réunies pour une soirée d'artisanat. Le projet: une fleur coud à la main aux pétales en peau de phoque avec des perles en son coeur.

Des quoi parle toutes ces femmes assises l'aiguille à la main? De leurs enfants, de la garderie idéale dont elles rêvent pour poursuivre leur carrière, de leurs rendez-vous prénatals soldés en déception par un praticien médico-centré et aussi d'une césarienne qui a sauvé un bébé qu'on croyait mort-né.

Puis, avec une mince lame bien tranchante, elles taillent d’autres pétales. Je connais très bien ces fleurs auxquelles une barrette couds au dos sert de coquetterie. J'en achète régulièrement au pub lorsque des artisanes passent de table en table pour vendre leurs créations. Elles sont magnifiques et fabriquées dans une matière noble : un animal qui a permis la survie du peuple inuit durant des millénaires. Si la critique est parfois sévère relativement à la chasse aux phoques, il faut savoir qu'ici, cette activité traditionnelle permet à un peuple de retrouver son identité, que le phoque est loin d'être en voie d'extinction, mais surtout, qu'il est chassé avec respect et qu'aucune partie de l'animal n'est gaspillée. Alors, aussi bien recycler les retailles de peaux en accessoires à cheveux.

Mais cette césarienne n'a rien d'une cicatrice anodine qui guérit lentement à travers un abdomen et un utérus. 

« J'ai tellement eu peur, je suis tellement reconnaissante que mon bébé aille bien.» Voilà la phrase rationnelle que tant de femmes se répètent pour se convaincre que leur opération d'urgence, celle qui a failli faire basculer la Vie, n'est pas si grave. Ce discours, bien que vrai en apparence, c'est de la foutaise! Parce que lorsqu'on s'y attarde, la césarienne d'Émilie a laissé une autre cicatrice, beaucoup plus importante… qui saigne encore. Parce que lorsqu'une femme se retrouve clouée à un lit, dépossédée de son corps, perdue dans un tourbillon fou d'une intervention qui en engendre une autre, elle se sent plus vulnérable qu'un papillon à l’aille brisée. Ce soir, Émilie se sent en confiance : « C’est certain que si je veux un autre enfant, je devrai d’abord guérir de ce traumatisme. » La dignité, l'intimité, l'intégrité, c'est fragile, c'est précieux.

Une précieuse perle après l'autre, des doigts, parfois malhabiles par la nouveauté de l'exercice, enfilent ce qui sera le coeur de notre fleur artisanale.

En fait, chaque naissance, qu'importe l'issue de l'accouchement, touche le coeur, suscite des souvenirs, des sentiments et des images en boucles dans la tête d'une femme qui vient de vivre l'Intensité de la Vie. Derrière chaque césarienne, il y a un coeur brisé en mille miettes, un besoin de comprendre, de mettre des mots et la recherche d’un baume pour soigner sur ce traumatisme. Il y a un deuil, une situation à comprendre, un pardon à se faire, un pardon à faire la vie.

Les fleurs commenceront bientôt à pousser.
Aujourd'hui, 20 mars, nous sommes le printemps.
Le printemps d’une saison,
le printemps d’une étape,

le printemps d’une vie.

Photo de ma collection personnelle (comme toutes celles de ce blog)
Merci de respecter les droits d'auteur / copyrigth 


lundi 16 mars 2015

Un beau bec esquimau d'Iqaluit!



Un beau bec esquimau d'Iqaluit!

Il fait -20 et le printemps débutera dans quelques jours.
Vous ne pouvez imaginez l'émotion, -20 !!!!
Le soulagement, 
la joie de pouvoir jouer dehors,
la liberté de marcher jusqu'au dépanneur sans avoir le sang glacé.
Vive le printemps, 
vive le temps doux, 
vive les -20!!!!!


Voici un concours FB pour gagner un merveilleux grand prix (valeur de plus de 500$) dont un exemplaire de "Ma mère, c'est la plus forte".

https://www.facebook.com/daniellelalondeaccompagnante/photos/a.1407196962853372.1073741828.1403228083250260/1567197430186657/?type=1&theater


CHOUETTE !!! Ça fait toujours plaisir de lire des mamans blogueuses qui découvrent "Ma mère, c'est la plus forte" :)

Je vous invite à visiter le blog "Ma vie de Special Mother" :

https://maviedespecialmother.wordpress.com/2015/03/16/laccouchement-naturel-explique-aux-enfants-ma-mere-cest-la-plus-forte-livre-jeunesse/#respond

mercredi 11 mars 2015

L'accouchement de Cassiopée


Ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée,
mais aussi une femme,
dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même.

(Image tirée de Ma mère, c'est la plus forte - une histoire sur la naissance)

Avec la permission de mon amie Cassiopée, voici le partage de son récit :

Mon amie Cassiopée a donné naissance en cette nuit étoilée de presque pleine lune. J’ai eu le privilège d’être invitée à cet événement comment intime et sacré.

Il était 22h30 quand j’ai discrètement ouvert la porte de sa demeure. Les rideaux clôts, la musique douce, la chaleur et la lumière du feu de foyer… la scène était d’une grandeur indescriptible. Cassiopée était à genoux dans sa piscine d’accouchement, la tête reposant sur la paroi gonflée, le corps dans l’angle idéal pour la descente de son bébé.

Du coup, ce n’était plus seulement mon amie Cassiopée, mais aussi une femme, dans toute sa puissance, sa beauté, son instinct et sa confiance en elle-même. C’était le moment présent. Une vague d’intensité, suivi d’une vague de bonté, prise une à une, en symbiose avec son bébé.

Elle n’était pas seule. Son amoureux à ses côtés veillait le feu, lui mouillait le front, lui donnait la main… lui offrait tendresse et amour, en confiance avec le processus prévu par la nature.
"Le lien entre faire l'amour et donner naissance est clair,
non seulement en terme de passion et d'amour,
mais aussi parce que nous avons besoin essentiellement
des même conditions pour ces deux expériences:
de l'intimité et un sentiment de sécurité."
- Dr. Sarah Buckley

Elle n’était pas seule. Ses enfants qui dormaient déjà depuis quelques heures ont senti l’Énergie et ont, chacun selon leur sensibilité, apporté du courage au duo maman-bébé.

Elle n’était pas seule. Il y avait l’invisible. La puissance et l’ambiance. Ce que les livres d’obstétriques omettent. Ce qui se respire jusqu’au fond du cœur. L’invisible. La force, la grandeur du moment, l’impalpable. Les mots insuffisants.

Puis il y a eu la naissance de cette minuscule tête, puis du bébé tout entier, puis les mains paternelles qui l’ont accueilli, puis les yeux de Cassiopée qui ont croisés ceux du bébé, puis les yeux de cette famille toute entière qui s’illuminaient, accueillant, cette nuit-là, la Vie dans toute sa force et sa dignité. 23h44.

Merci Cassiopée, à toi et ta famille, pour ta confiance.

Cynthia.


mardi 10 mars 2015

Pièges à farfadets

Dans une semaine, 
ça sera... le jour de la St-Patrick !!!


C'est le temps de lire des livres sur les trèfles et les légendes irlandaises.


De manger des légumes verts,
du smootie vert, des oeufs verts et des patates pillées vertes.

De s'habiller tout en vert.



De fabriquer des pièges à farfadets.




Car la légende dit... 
que si nous attrapons un farfadet le jour de la St-Patrick, 
il nous dira où son trésor est enterré.

(lire le livre de Natasha Wing ci-haut pour l'histoire complète)


Photo: Un labyrinthe de blocs pour déjouer les petits êtres irlandais.

dimanche 8 mars 2015

La journée de la femme: égalité et différence

Égalité et différence, voilà le thème de mon petit article publié sur le blog de Mamans zen.



LA JOURNÉE DE LA FEMME SOUS MON TOIT


Sur le plancher du salon, ma fille joue avec ses pouliches, son écurie rose et ses cavalières.

Elle explique à grand-maman:
– C’est un jeu juste pour les filles.
– Voyons donc, il n’y a pas de jeu juste pour les filles.
– Oui oui, c’est rose.
– Ce n’est pas grave ça, les gars aussi peuvent jouer avec.

C’est ainsi que, mine de rien, ma grande qui ne sait encore ni lire, ni écrire, reçut sa première leçon de féminisme.


ÉGALITÉ
J’ai grandi ainsi, avec une mère croyant à l’égalité filles-garçons. J’avais le droit de revendiquer de joindre les parties de soccer masculin sur la cour de récréation, de participer à la politique scolaire ou de grimper aux arbres comme eux. Je pouvais choisir le métier qui me plaisait et gagner ma vie. Tous comme mes amis gars, je prenais le métro et rentrais à minuit, tout en ayant conscience de veiller à ma sécurité.

DIFFÉRENCE
C’est enceinte de mon premier enfant que j’ai compris que je suis différente. D’un point de vue anatomique, biologique, physiologique, tout au moins. Ma mère s’était trompée… Nous sommes loin d’être égaux, hommes et femmes! Par exemple, bien que mon conjoint peut prendre soin de notre bébé, il ne sera jamais enceinte à ma place. À défaut d’être identiques, comment pouvons-nous être complémentaires?

ÉGALITÉ
J’aimerais que mes enfants grandissent égaux. Que les jeux dans la maison, comme les privilèges, appartiennent à tous, sans restrictions dues à leurs sexes. J’aime préparer le souper en observant discrètement ma fille jouer aux salons avec ses frères… et partager les pouliches et l’écurie rose.

DIFFÉRENCE
Et j’espère que le jour où ma fille se rendra compte que sa mère s’est trompée… elle saura qu’elle a autant de valeur qu’un garçon et que, contre et malgré tout, « c’est elle, la plus forte. »

Publié une première fois en mars 2015, à http://mamanszen.com/la-journee-de-la-femme-sous-mon-toit/

jeudi 26 février 2015

Sauver la planète, une serviette à la fois

Suite à un échange sur un forum de discussion,
j'avais envie de répondre à quelques questions "hygiène féminine" ici :)


Q: Combien de temps durent vos serviettes sanitaires en tissus?

R: J'ai acheté mes premières serviettes il y a dix ans et elles sont encore bonnes!
Cela dit, la durabilité dépend d'un million de facteurs (le tissus utilisé, la fréquence d'utilisation, l'entretien, etc.)

POUR RÉDUIRE SES DÉPENSES
(et sa consommation, donc, la pression qu'on crée sur les ressources naturelles)
Voici mes trucs:

1- Plier des débarbouillettes (vieux t-shirt coupé en carrés) dans ses petites culottes pour les pertes légères.

2- Utiliser une coupe menstruelle si on est à l'aise avec les tampons (on ne sent pas plus qu'un tampon). Certains modèles (ex: Keeper) sont en caoutchouc naturel tandis que d'autres sont en silicone (ex: Diva Cup).
Si elle nous intimide à première vue, on la dépose dans notre douche et l'essaie quelque fois sans nos règles.

3- Acheter quelques serviettes sanitaires de différentes marques: certaines seront vos préférées la nuit, lors de sortie, la journée que vous avez beaucoup de pertes... À mon avis, toutes les marques récentes sont assez bien fait et j'essaie d'encourager des compagnies d'ici (Omaiki, Bon-Zay, etc)

ou

4- Se fabriquer des serviettes sanitaires en tissus. Un beau projet facile pour récupérer des retailles ou des vieux tissus.

J'ai utiliser trois tissus:
- Du PUL qui est imperméable et souple 
(Une amie a mis un bout d'un vieux chandail 100% laine et ça fait le même travail).
- Un absorbant 
(J'ai pris du micro fibre acheté au Canadian Tire, dans la section des chiffons pour laver les voitures, mais on en trouve aussi au magasin de tissus.)
-Du polar qui nous coupe de l'humidité de rend la serviette confortable
(Je préfères les tissus foncés qui n'ont jamais l'air tâchés. Ici aussi, on peut recycler du vieux polar.)

Notez que mes serviettes qui fête leur dixième anniversaires sont faites uniquement en flanalette. Elles sont vraiment douces et absorbantes.

5- Pratiquer la continence des lunes. Pour en savoir plus... http://www.lilithlifestyle.fr/liberons-nous-des-regles/


ET L'ENVIRONNEMENT
Lorsque les gens pensent que nos serviettes et couches lavables consomment beaucoup d'eau lors des lavages...

Réponse rapide: Et ta vaisselle aussi! Pourquoi ne manges-tu pas dans de la vaisselle en carton?

Réponse savante: L'industrie des pâtes et papier qui fabriquent les couches, les serviettes hygiéniques et les assiettes en carton est très énergivore et consomme énormément d'eau.



mardi 24 février 2015

Les phoques

Bonjour L,  (c'est mon neveu de 8 ans)

Ce matin, après ma tartine au beurre d’arachides, sais-tu ce que j’ai fait?      
                 
J’ai mis mon nez à la fenêtre pour observer les drapeaux des voisins :

Brrrrrr, il vente beaucoup!

Tuque. Mitaines. Brrrrrr.
Nous sommes allés à la bibliothèque en taxi-bus. 



La bénévole de la bibliothèque nous a lu des histoires sur les phoques.

Si ta mère est d’accord, voici un livre électronique sur les animaux du Nord pour toi : 


http://www.lulu.com/shop/inhabit-media/ukiuqtaqtuup-uumajungit/ebook/product-21097044.html 
(c'est gratuit, mais il faut s'inscrire)



Savais-tu que j’ai une peau de phoque chez moi?

Je vais l’utiliser pour faire des mitaines super-ultra-méga chaudes 
car il fait trèèèèèès froid ici.


En rentrant de la bibliothèque, 
devine combien de passagers nous étions dans le taxi?

(Ha ha, voici un exercice de mathématiques!)

Moi + tes cousins + ta cousine + une maman avec son bébé dans son amauti + un papa + un autre enfant.
Combien ça fait?
1
2
3
4
5
6
7
8
Tu n’as pas oublié le chauffeur, n’est-ce pas?

Je te laisse avec ce petit bricolage:
Bricolage de phoques:
1- Dessine un gros phoque.
2- Met de la colle sur le phoque
3- Saupoudre de la cannelle
4- Pour le soleil, tu peux prendre du curcuma,
du sel pour le blanchon, etc.

Bonne journée!

Matante Cynthia xx



LE SAVAIS-TU ?
Les phoques sont une composante importante de la culture inuite. La viande de phoque est très bonne pour le santé.
Lorsqu'un chasseur en tue un, aucune partie n'est gaspillée.

Petits phoques que j'ai photographiés près d'Iqaluit à l'été 2013.

mercredi 18 février 2015

L'hiver prend son temps

Il me semble,
qu'ici dans le Grand Froid,
l'hiver prend son temps.

Il ne se presse pas de ramener la chaleur,
il laisse la nature dormir tranquille.
Même les gens ont compris,
ils prennent leurs temps.
Ils marchent sous le bleu du ciel,
car le soleil, sans presse, se lève avec peine.

Il fait -32.
Il ne fait pas si froid.
Car, lorsque tu habites dans la Saison du mammouth,
car, lorsque tu habites au pays de l'ère glaciaire,
tu prends le temps
de prendre ton temps.


vendredi 6 février 2015

S'allonger pour nourrir bébé



C'est l'anniversaire de ma nièce. Les enfants courent à travers les invités et expriment leur joie de vivre, les adultes s'échangent les dernières nouvelles, le four laisse s'échapper un appétissant parfum, mon bébé vient d'ouvrir les yeux et démontre des signes de faim. Je m'allonge pour lui offrir le sein. 

- Tu te reposes? observe ma tante M.
- J'allaite.
- Tu te repose.
- J'allaite.
- Tu allaites en te reposant, insiste-t-elle.

NON. Je m'allonge car c'est la position la plus confortable que mon bébé et moi avons trouvé pour les boires.
Je m'allonge car, ainsi, bébé régurgite moins et est plus calme.
Je m'allonge car...
Ai-je vraiment besoin de me justifier!?

INCOMPRISE. De l'extérieur, j'ai l'air de passer ma journée entre le canapé et mon lit. Entre deux boires, j'hésite entre déposer bébé (qui va pleurer), me reposer (car j'en ai vraiment besoin), manger (car, ça aussi, j'en aurais besoin), prendre un peu de temps pour moi (en lisant mes courriels ou en m'offrant un café chaud), préparer le souper dont l'heure approche...

RIEN N'EST PLUS INEFFICACE QUE D'ALLAITER. Pendant que je passe la journée à me "reposer", j'envie mon conjoint qui jouit encore de (presque) toute sa liberté. Il me semble que rien de son quotidien n'a changé. J'aimerais préparer le repas, faire la vaisselle, le lavage... échanger de place pour 24 heures et dormir une nuit complète, juste une.

PASSER SA VIE À ALLAITER. Bien que nécessaire à démarrer une bonne production, allaiter à la demande, (et à l'éveil les premiers temps), c'est exigeant, parfois. Merveilleux, souvent. C'est s'oublier... lorsqu'on souhaite aller dormir et que bébé décide de faire un marathon de boires jusqu'à minuit. 

UN CHOIX LOGIQUE. Parce que, si mon corps est parvenu a concevoir un enfant, à le faire grandir durant neuf mois, à l'expulser dans toute la grandeur de la nature, il fallait qu'il sache aussi produire le précieux lait maternel pour nourrir mon enfant. J'aime croire que la nature est bien faite, même si certaines journées sont plus grises, parsemées de vents violents ou même d'ouragans, parfois. 

MA TANTE M. Elle a eu ses enfants à une époque où les garde-malades s'occupaient d'offrir le biberon dès les premiers heures de bébé. Elle se levait la nuit pour stériliser ses contenants et devait faire chauffer ses préparations lactés qui coûtait une fortune. J'ai eu tord de m'offusquer de l'observation ma tante M... moi, j'allaite par choix.
     

La maman de "Ma mère, c'est la plus forte" allaite confortablement allongée (p.23).


Un fusil et un bateau


Ce matin, en mettant le nez dehors, il y avait une agréable brise d’air pur. Un vent frais comme en Abitibi, sur le bord du lac Guéguen, en plein mois d’août. Pas une journée pour se baigner, mais un beau ciel bleu, parfais pour jouer dehors.

Une journée pour jouer dehors: les parcs se remplissent d’enfants en après-midi. Souvent, je m’assieds sur le banc et surveille mes enfants. En réalité, je ne suis pas la seule à les surveiller; ils savent s’entourer de "grands frères" et "grandes sœurs". Est-ce à cause des larges familles inuites que les enfants sont si sensibles aux touts-petits?

Les grands me ramènent ma petite ou vont la pousser sur la balançoire. Ils sont contents d’avoir un adulte à qui raconter leur quotidien. J’apprends sur leurs familles, leurs animaux, leurs jeux…

Un petit garçon m’a dit qu’il a un fusil. « Un fusil et un bateau. » Il est allé avec son père et son grand frère en mer pour chasser le phoque et le morse. Il est fier d’avoir tiré trois coups de fusils. Il sera un grand chasseur.

Écrit à Iqaluit, 2011. Cynthia Durand

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement

"Ma mère, c'est la plus forte", un livre pour déconstruire nos peurs face à l'accouchement
"C'est l'histoire de la naissance de ma petite soeur" Mat - fils de l'auteure

Nombre de visiteurs