Qu'ont
en commun Martin Luther King, Gandhi et les accoucheuses
traditionnelles qualifiées qui pratiquent au Canada?
Ils ont
tous le même souci de l'égalité et de la dignité de tout être
humain. Saviez-vous que, des accoucheuses traditionnelles qualifiées
(1), partout au Canada, continuent d'exercer leur vocation malgré
les menaces des Ordres Sages-femmes et Médecins, car, elles croient
en la justice sociale. Voici trois exemples de situations similaires
qui se sont révélés des exemples où l'histoire a donné raison
aux droits de la personne - le libre choix d'un établissement
d'enseignement, l'égalité et le respect des femmes dans les couples
et l'accès à l'avortement légal et sécuritaire - et le lien avec l'accouchement respecté.
1.
Le choix de scolariser nos enfants selon nos valeurs
Dans
les années 1950, au Canada, ce sont des revendications qui ont mené
à légaliser l'instruction privée et l'école à la maison, car
chaque famille et chaque enfant sont uniques et la société a la
responsabilité éthique de s'assurer que les valeurs individuelles
sont respectées.
Pour
quelles raisons les Canadiennes ont-elles recours aux accoucheuses
traditionnelles qualifiées et choisissent-elles d'accoucher à
domicile? Pour des valeurs et croyances profondes (ex. : les
Mennonites, les autochtones, les croyances personnelles), à cause
qu'elles n'ont pas accès à des services sages-femmes (dans les
grands centres et en régions), pour une vision holistique de
l'accouchement, etc. La légalisation de la pratique sage-femme (il y
a environ vingt ans) est insuffisante pour répondre à la diversité
des croyances des femmes et nous avons besoin de légaliser un
véritable libre choix individuel en matière d'accouchement.
2.
La criminalisation de la violence conjugale
Comme
société, nous avons longtemps considéré que la violence conjugale
n'était « pas une vraie forme de violence » et « pas
de nos affaires ». Actuellement, lorsqu'une femme donne
naissance et qu'elle relate être victime de violence obstétricale,
nous avons la même rhétorique, considérant, qu'au nom du bébé,
nous pouvons exiger la nudité de la femme et toute autre forme
d'humiliation. Nous autorisons l’infantilisation de la patiente ou
tout acte qu'un praticien juge bon sans nécessairement obtenir le
consentement de celle-ci. Nous ne parlons pas du même type de
violence, mais tous deux sont aussi pernicieux. Lors des
accouchements, il faut arrêter de banaliser les interventions qui se
font au détriment des femmes et faire place à un véritable choix
d'accoucher avec qui l'on veut et où l'on veut. Il y a un danger
lorsque l'on considère qu'il n'y a qu'une seule vérité et un seul
mode d'appréhender le monde. Il est temps que les droits à
l'égalité et à la dignité de la femme, tels que reconnus dans la
cellule familiale, le soient dans toute chambre de naissance.
3.
La légalisation de l'avortement
Il a
fallu que le docteur Morgentaler se batte pour la dignité des femmes
et le libre choix de celles-ci et qu'il fasse de la prison pour que
le Canada légalise l'avortement. Tout comme celui-ci, au Canada, des
accoucheuses traditionnelles qualifiées sont actuellement accusées
injustement alors qu'elles agissent pour familles et les bébés,
avec respect de leurs croyances profondes. (2)
D'un
point de vue légal, la femme est un être humain et a tous les
droits alors qu'un fœtus (être non né) n'en a encore aucun. Cela
dit, les accoucheuses traditionnelles qualifiées ont le souci de la
sécurité de l'accouchement tout en ayant une approche holistique et
de l'empathie. Cela fait partie de la liberté individuelle de la
femme, dans une démocratie, de choisir une accoucheuse qui répond à
ses croyances.
La
nécessité des accoucheuses traditionnelles qualifiées pour la
démocratie
Tout
comme Martin Luther King et Gandhi, les accoucheuses traditionnelles
qualifiées agissent selon leurs consciences et de manière
non-violente, pour permettre à chacun de vivre dans l'égalité et
la dignité. Le respect des croyances de chacun est un important
élément de notre Charte (article 3 : la liberté de
conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion). Il
faut reconnaître que « la désobéissance civile est
conforme à la justice malgré son caractère illégal, elle a
été bénéfique historiquement à l'évolution des mentalités et
qu'elle est nécessaire en démocratie. » (Letiecq,
2014)
*****
(1)
Le terme « accoucheuse traditionnelle qualifiée »
(traditional birth attendant) est le terme proposé par l'ONU pour
désigner les femmes expérimentées qui accompagnent les naissances
et n'ont pas une formation reconnue ni de lien avec un ordre
professionnel, par opposition aux sages-femmes.
(2)
G. Lemay, 2002; D. Boutin, 2008; M. Jolar, 2012; et d'autres sont
actuellement menacées.
LETIECQ,
Louis. 2014. Les fondements de la désobéissance civile, mémoire
sous la supervision de CHUNG Ryoa, Université de Montréal,
https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/12026
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