Un blizzard est
souvent précédé de quelques jours de temps doux.
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Après la
grande noirceur, le froid irréel de l'hiver arctique et la douceur
de ses aurores boréales, la nature – sila
– a décidé d'exprimer une autre de ses forces : un mélange
de vents déchainés et de neige qui ne trouve repos sur nulle
surface. C'est un blizzard – Piqsiqtuq
.
La Ville a un rôle
central lors de ces tempêtes, elle prend la responsabilité de
« fermer ».
Fermer quoi?
Tout.
Les bureaux, les
services, les routes… et les autres organisations, les écoles, les
garderies, le gouvernement (et dans une capitale, la portion de
citoyens qui y travaillent est quand même impressionnante!) suivent
et renvoient leurs employés chez eux.
| Avec la mer et la non-présence d'arbre, le vent a le beau jeu à Iqaluit. |
Lorsque la mairesse
publie son « PSA -Public Service Announcement », sur
Facebook, pour annoncer que la ville est fermée, conduire sur la
voie publique devient « à vos propres risques » et même
les taxis rentrent à leur base. Toutes les maisons qui dépendent de
la livraison d'eau potable des camions-citernes municipaux passent au
mode « économie ». On se nourrit avec le contenu actuel
du frigo, car épiceries, dépanneurs et restaurants ferment également.Tous
hibernent, le temps d'un blizzard, une journée ou deux, pas
plus, chacun espère.
Lors de ces vents
fous – par exemple, 110 à 140 km/h que j'ai noté dans mon
journal, relevé sur le site d'Environnement Canada le 7 janvier 2014
– mêlés à de la poudrerie offrant une visibilité nulle sur
toute la capitale nunavummiute, les pannes d'électricité sont
fréquentes et les dommages aux infrastructures aussi. Les poubelles
volent, les gens s'enferment, les voitures téméraires s'entassent dans
les fossés. Une merveille continue de me fasciner : lorsque le
blizzard commence, les énormes corbeaux, heureux, planent et
s'amusent dans le vent.
Début du dernier
blizzard : un corbeau en vol plané.
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J'adore ces billets où le temps de quelques minutes nous sommes transportés dans un ailleurs qui me fait rêver, grâce à tes mots, histoires, infos et images. Merci Cynthia pour cette ballade sur les ailes du corbeau. Un jour, j'espère, je viendrai contempler tout ça de mes propres yeux !
RépondreEffacerMerci beaucoup, Rebelle Des Bois.
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