C’était le
congé de Pâques. C’était l’idée à Juanee. C’était une belle journée
ensolleillée.
Iqaluit,
pas Iqaluit, quand tu as le gène Québécois, même au cœur de l’Arctique, le doux
printemps te donne envie de célébrer le temps des sucres. On y a bien pensé, à
une promenade dans l’érablière la plus près... mais au bout de quelques heures
sans feuilles, sans arbres, nous avons, contre toutes attentes, installé des
collets à lièvres sur des traces fraiches, question de ne pas rentrer bredouille.
Heureusement
que la fille de la campagne apporte toujours une conserve de sirop d’érable dans
son sac à dos. Et un ouvre-canne. Et un brûleur au gaz compact. Alors, l’air autour
de nous, puis l’île de Baffin tout entière, s’est embaumée du doux parfum de l’eau
d’érable qui s’évapore et les amis se sont mis de la partie pour bâtir la première
cabane à sucre du Nunavut. Au détour de nos 5 pièges à lapins, nous en avions
attrapé six! Les enfants ont attrapé une énorme dinde… en chocolat, pour le
souper. Nous avons dégusté notre festin de soupe aux pois, de bines, de ragoût de boulettes
de r’nard, de tourtière et d’omelette avec du sirop d’érable. Il faisait
tellement chaud que la glace sur la mer commençait à fondre et il fallait
penser à rentrer en ville avant que les aurores boréales remplissant le
firmament nous atteignent. La tire sur la neige n’a jamais été si bonne que cet
après-midi-là dans la toundra. Pourquoi? Parce que nous l’avons fait bouillir avec
amour.
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